De la précarisation des étudiants et des maquereaux numériques

Les élèves de l’université libre de Bruxelles ont eut le privilège de voir aux abords de leur université des pubs pour un nouveau service de « rencontre » qui vient d’arriver en Belgique, Rich meet Beautiful (1). Pas besoin de traduction, je suppose. Ce service, qui se défend bec et ongle d’être un vaste réseau de maquereau uberisés a cependant choqué pas mal de monde, à raison. L’ « entrepreneur » derrière ce réseau de prostitution a choisi d’implanter son service originellement Norvégien en Belgique suite à l’augmentation du nombre d’étudiant jobiste ces dernières années (2). Je pense que le nombre d’étudiant jobiste est un problème pour l’économie belge, étant donné que souvent les jobistes remplacent simplement la main d’oeuvre la moins qualifiées, contribuant à laisser sur le côté cette partie de la population adulte qui n’a pas de diplôme, et qui est condamnée au travail au noir car ils ne pourront jamais être aussi peut cher que les étudiants au niveau des prestations sociales. Mais c’est un autre problème. Si il y a autant de jobistes, et si les étudiants sont pour beaucoup obligés de travailler ainsi, c’est à cause d’une volonté politique de mettre les étudiants au travail ; le changement de régime du travail étudiant d’un nombre de jour à un nombre d’heure prestable, ce n’est pas tombé du ciel. Le fait que le travail étudiant est infiniment moins taxés que le travail salarié, ce n’est pas non plus tombé du ciel. Le passage des études universitaires de 4 ans à 5 ans, ce qui augmente mécaniquement la demande de kot, ce n’est pas non plus tombé du ciel. Tout cela, d’un côté augmente les prix des kots et d’un autre facilite le travaille étudiant. Abolir le Minerval ?? Jamais ! Par contre défiscaliser pour l’étudiant des centaines de milliers d’heures de travail, no problem. D’un côté, les loyers des kots sont plus cher, les propriétaires en profitent pour construire des kots partout, quitte à transformer des appartements pour des familles en kot, ça rapporte plus. D’un autre, du travail sans aucune loi sociale en abondance. La mode des sugar baby est honteuse, mais ce n’est que le symptome d’une tendance de long terme mise en place par les gouvernements successifs ; les étudiants doivent payer cher, et pour ça, ils doivent apprendre à travailler pour 10€ de l’heure ! Cette habituation durant les études, qui semble si innocente, vise surtout, avec les divers propagandes visant à faire croire que les jeunes sont plus touchés par le chômage que les autres (spoiler : ce n’est pas le cas) (3) à faire accepter aux travailleurs éduqués des salaires moindres.

(1) http://bx1.be/news/deux-plaintes-deposees-contre-publicite-a-lulb-faisant-promotion-sugar-daddys/

(2)http://www.levif.be/actualite/belgique/les-etudiantes-doivent-elles-vendre-leur-corps-pour-payer-leurs-etudes/article-opinion-729201.html

(3)https://hooktube.com/watch?v=fQgDoGjPTko

L’image vient du site de richmeetbeautiful.

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